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Bieles : Wout van Aert ne manque pas d’air

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Wout van Aert a conservé ce dimanche son titre de champion du monde. Sur les sections d’une compétition marquée par de multiples crevaisons et incidents mécaniques, le crossman flamand s’est imposé devant Mathieu van der Poel et Kevin Pauwels à Belvaux au Luxembourg. Un choix original de boyaux a notamment permis au (double) champion du monde de se démarquer de ses adversaires. Photos : © Labourés Magazine.

 

« J’ai eu un petit avantage avec les boyaux que j’utilisais. Mais pour gagner, il fallait donc de bons boyaux et aussi et surtout de bonnes jambes » – Wout van Aert

 

Des boyaux opportuns

Le tracé verglacé ainsi que la neige présente sur le parcours des Mondiaux cette semaine ont laissé place à d’autres passages boueux et dégradés ce dimanche après-midi à l’occasion de la compétition Élite Hommes. Le circuit proposé à Belvaux était en effet sensible aux modifications météorologiques ou variations de température. Les passages glissants exposés jeudi lors de la première reconnaissance officielle (où les chutes se multiplièrent) sont devenus de véritables tronçons rapides le lendemain et surtout samedi pour les premières courses. Mais ces températures négatives furent remplacées par d’autres plus clémentes ce dimanche. Les allers-retours des crossmen âgés de moins de 23 ans ont fort logiquement détériorés certains secteurs : la boue remplaçant les parties gelées ou laissant apparaître certains éléments propices aux crevaisons. Ces dernières furent donc monnaie courante chez les professionnels : huit pour Gianni Vermeersch, six pour Laurens Sweeck et Lars van der Haar ou encore quatre pour Mathieu van der Poel. Le champion des Pays-Bas, seul leader dès le premier tour, a donc dû constater le retour de Wout van Aert après deux premières crevaisons et perdait définitivement le contact à trois tours du but. Son rival flamand a lui évité ces incidents, prenant le pari d’utiliser des boyaux Michelin auparavant employés par son manager Niels Albert ; une tactique déjà tentée à Tabor en 2015 : « Je dois une large partie de cette victoire à Niels, j’ai choisi avec lui ses boyaux plus résistants, même s’ils ne sont pas faciles à manier techniquement ».

 
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Un duel coutumier

Mathieu van der Poel et Wout van Aert ne s’étaient pas directement affrontés depuis un mois et le cyclo-cross de Loenhout. Une chute écartait le Néerlandais des labourés quelques temps. Des impasses empêchaient l’émission d’un nouveau duel : Van der Poel ne faisait pas le déplacement à Fiuggi sur le sol italien, Wout van Aert – handicapé au genou – privilégiait le repos à la manche finale de la Coupe du monde à huit jours des Mondiaux. Les deux leaders de la saison montraient ainsi quelques signes de faiblesse en amont du principal événement de la planète cyclo-cross. Mais à Belvaux, les deux crossmen ont bel et bien rappelé à tous leurs positions hégémoniques ou d’autres duels passés indissociables de la saison 2016-2017. Mathieu van der Poel a donc imposé une allure rapide dès le départ et un premier tour où il a pu se détacher du peloton, distancer le seul crossman capable de se maintenir dans son sillage : Kevin Pauwels, victime d’une première crevaison. La poursuite a finalement été relancée par Wout van Aert en conclusion de la deuxième boucle sur huit à parcourir, après un départ discret : « Normalement, le départ n’est pas un problème pour moi. J’ai repris confiance après deux tours quand j’ai vu que je ne perdais plus de temps sur Mathieu. Mais j’ai cru que le titre m’échappait ». Une crevaison additionnelle de Van der Poel permettait la jonction, suite à deux tours de chasse. Le duel psychologique lancé et les deux leaders proposaient de premiers coude-à-coude, jusqu’à l’incident décisif à trois tours de l’arrivée.

 
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« C’est la plus grosse déception de ma carrière »

Van der Poel était pourtant parvenu à se séparer de Van Aert, provisoirement seulement. Mais la troisième crevaison loin du poste matériel l’a rapidement relégué à vingt secondes du nouveau leader, la quatrième à plus d’une demi-minute : « Je suis déçu car je perds par malchance. Je ne pense pas que ce soit une question de matériel car j’ai choisi les mêmes boyaux à Namur où des passages sont similaires. C’est terrible de perdre de cette manière. » Déjà écarté de la course au titre en 2016 à Zolder après un incident malheureux – son pied se bloquant dans la roue du champion du monde, Mathieu van der Poel a dû se contenter de la médaille d’argent, battu par Wout van Aert dont le titre reste intimement lié à un choix de matériel probablement astucieux : « J’aurais aimé gagner ce titre d’une autre manière mais c’est la course. J’ai fait le bon choix de matériel ». La lutte pour la place restante sur le podium fut également concomitante à d’autres faits. Les ennuis de Tim Merlier, Michael Vanthourenhout ou Corné Van Kessel favorisaient Kevin Pauwels, Laurens Sweeck et Lars van der Haar. Ce dernier semblait d’ailleurs se diriger vers un troisième podium d’affilée avant qu’une crevaison le prive de ce rang de nouveau décroché par Kevin Pauwels : « J’ai crevé trois fois mais les deux devants étaient de toute façon trop forts. Je ne peux qu’être satisfait de ce cinquième podium ». Les crossmen classés de la 4e à la 8e place ont franchi la ligne d’arrivée à plat ou victimes d’un bris de dérailleurs. Des péripéties évitées par Wout van Aert, en champion du monde.

 

« Le titre acquis à Zolder était vraiment spécial, obtenu à la maison. Je savais ce que cela signifiait et j’ai donc pu profiter de l’ambiance en fin de course aujourd’hui » – Wout van Aert

 
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Les résultats complets sont disponibles ici. Propos recueillis à Bieles.

CXSTATS

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